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Archive for the ‘Sujet’ Category

E1 #005 Nick Drake

In Ondulé, Pittsburgh, Sujet on 11 novembre 2009 at 6:42

Nick est mon ami. Il y a quelques semaines de cela, alors que je parcourais la distance séparant mon arrêt de bus de ma maison, il s’est mis à me susurrer ses belles paroles à l’oreille.

pluie noire

Il pleuvait d’une pluie fine ; d’une de ces pluies qui dessinent les volumes du dehors sans vraiment trop tremper. Emmitouflé sous ma capuche, les mots de Nick résonnaient, tout doux, comme atténués par l’air froid. Moi dans ma bulle et Nick avec moi.

Il pleuvait d’une pluie fine qui faisait briller le bitume d’un noir profond, qui faisait scintiller les branches des arbres. Je marchais par mégarde dans des petites flaques qui remplissaient un peu plus mes chaussures d’eau déjà glacées. Quelques micro-gouttes me piquent le visage alors que mes pieds scandent le rythme de Nick.

J’observe en avançant, une végétation triste mais fièrement élégante, comme emportée par cette drôle de mélancolie russe. En plus des flaques et du froid et en plus de la bruine, les voitures m’agressent de leurs yeux rouges. Mais, leurs menaces, je ne les entends pas.

Nickos

Nick Drake est lumineux. J’écoute ses accords complexes, sa guitare, une trompette.

Quatorze

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E1 #002 Révisions

In Cerveautage, Freud, Sujet on 1 septembre 2009 at 4:19

C’est bientôt la rentrée. Enfin bientôt… il me reste encore quelques jours. En tout cas, pour la plupart de mes amis c’est la Rentrée. Ils ne font pas archi, eux. Ils partent en prépa, en médecine, ou en école d’ingé. Morve veut être kiné, elle attend de savoir si elle est prise dans une école belge. Elle ne reprend donc pas tout de suite les cours.

On discutait un soir où on était tous les deux invités pour un anniversaire. On s’est dit qu’il faudrait qu’on parte ensemble quelques jours avant la rentrée justement, pour s’aérer l’esprit.

Mais elle m’a surtout dit quelque chose qui m’a fait réfléchir ; elle m’a dit que, quand même, faudrait qu’elle change un peu cette façon de parler qui lui donne l’air d’une fille de la téci. C’est vrai que Morve est étonnante : elle ressemble à une gentille fille presque bourgeoise mais parle un peu comme une racaille. Naturellement.

Et apparemment elle voudrait changer ça. Peut-être assortir son langage à sa garde-robe ? Who knows ?

Je ne critique pas Morve. J’ai aussi envie de revoir un peu mes manières, régler mes attitudes. Je crois qu’on est tous dans la même situation : on commence quelque chose de nouveau. C’est un pas vers l’avant. Comme on est passé du collège au lycée, on passe d’une vie de lycéen à celle d’étudiant. Et clairement, on a tous un peu idéalisé cette nouvelle vie alors il faut qu’on soit à la hauteur. Le pire serait de se décevoir soi-même.

Bien sûr, les nouvelles rencontres qu’on va faire vont nous pousser à nous adapter. Il faudra arrondir les angles mais aussi faire des choix. Se faire de nouveaux amis c’est aussi repartir sur de nouvelles bases et, quelque part, choisir vers quelle direction on s’oriente. Commencer cette vie d’étudiant en archi où je ne connaîtrai personne, ça me donne une infinité de possibilités. Je peux être almost qui je veux ! Ça m’angoisse aussi un peu.

change

En tout cas, si je n’arrive pas à changer ces petites choses en moi qui me déplaisent, commencer une nouvelle aventure avec de nouvelles personnes me donne au moins l’occasion d’essayer. Il n’y aura certainement pas de changement brutal mais peu à peu, je ne serai plus tout à fait le même. Et puis finalement les choses changent naturellement. Pas toujours comme on le voudrait mais tout change.

Bizarrement, la première chose qui m’est venue à l’esprit a été de renouveler ma garde-robe. Sûrement parce que c’est plus simple que d’effectuer des grands changements intérieurs. J’ai aussi eu envie de revoir ma chambre, de réaménager. Mais je dois surtout faire du rangement à l’intérieur… de moi-même.

Quatorze

E1 #001 Abordages

In Cerveautage, Flash-forward, Sujet on 7 août 2009 at 1:17

Les arbres défilent rapidement derrière les vitres du bus. Le Soleil baigne la végétation d’une belle lumière matinale. Les prés sont magnifiques. Je ne pense à rien, je regarde juste les feuilles encore vertes qui s’agitent doucement au bord de la route. C’est l’un des avantages de ne pas habiter downtown. Ce trajet matinal, écouteurs vissés dans les oreilles, est un moment de détente et d’éveil que j’apprécie énormément. Ça m’avait presque manqué pendant ces longues vacances.

On est en septembre mais dans le bus, tout le monde est en tee-shirt. Le chauffeur est nouveau : je ne l’ai jamais vu l’an dernier. Loin d’être tout jeune, il a les cheveux blancs et porte une chemise bleu clair. Son métier doit lui plaire parce qu’il sourit. Il bavarde tranquillement avec une jeune fille brune plutôt jolie. Je ne discute jamais avec les chauffeurs. Peut-être que je les imagine inintéressants, peut-être que je les snobe. Mais on dira plutôt que c’est une question de sécurité, ou de respect.

feuilles soleil

Arrivée devant l’école. Le Soleil me réchauffe le visage pendant que les étudiants avancent vers l’entrée. Certains se reconnaissent, se disent bonjour, s’embrassent. Je suis le seul à rester planté dehors, dans la rue. Je ne veux pas entrer, pas tout de suite. Je ne sais pas du tout ce qui m’attend.

Il y a des adultes ici. Je me demande si les gens qui passent devant moi sont des étudiants ou des professeurs. Les enseignants n’ont-ils pas une entrée qui leur est réservée de l’autre côté du bâtiment ?

La façade de l’école est très belle. Toute l’école est très belle et ensoleillée et animée. Ça fait plaisir : les élèves rentrent avec le sourire. Pas comme au lycée. Je commence à m’avancer. Je retire mes écouteurs et dépose mon mp3 dans mon sac qui est étrangement léger. Allons-nous recevoir notre matériel aujourd’hui ? Comment va se passer la semaine d’intégration ?

Je me retrouve enfin face à la porte d’entrée. Je la pousse doucement et entre dans l’école. Un pas, puis deux… une jeune fille s’approche de moi et demande si je suis en première année. Elle aussi découvre l’école et elle semble ravie. Cette première journée s’annonce très bien partie.

Le soir-même je rentre chez moi et m’affale sur mon lit, les bras pendant dans le vide de chaque côté du matelas. Tout cela serait merveilleux. Peut-être que ça se passera comme ça. But maybe not.

Quatorze