Nick est mon ami. Il y a quelques semaines de cela, alors que je parcourais la distance séparant mon arrêt de bus de ma maison, il s’est mis à me susurrer ses belles paroles à l’oreille.

Il pleuvait d’une pluie fine ; d’une de ces pluies qui dessinent les volumes du dehors sans vraiment trop tremper. Emmitouflé sous ma capuche, les mots de Nick résonnaient, tout doux, comme atténués par l’air froid. Moi dans ma bulle et Nick avec moi.
Il pleuvait d’une pluie fine qui faisait briller le bitume d’un noir profond, qui faisait scintiller les branches des arbres. Je marchais par mégarde dans des petites flaques qui remplissaient un peu plus mes chaussures d’eau déjà glacées. Quelques micro-gouttes me piquent le visage alors que mes pieds scandent le rythme de Nick.
J’observe en avançant, une végétation triste mais fièrement élégante, comme emportée par cette drôle de mélancolie russe. En plus des flaques et du froid et en plus de la bruine, les voitures m’agressent de leurs yeux rouges. Mais, leurs menaces, je ne les entends pas.

Nick Drake est lumineux. J’écoute ses accords complexes, sa guitare, une trompette.
Quatorze